A PROPOS

 

L’agriculteur : Michel ROESCH

Après une formation de Technicien Agricole, Michel ROESCH a eu la chance de rencontrer les « pionniers » de l’Agriculture Biologique en France, à savoir M. LEMAIRE et le Professeur BOUCHER. « J’ai travaillé pendant deux ans au sein de leur Société avant de reprendre le Domaine familial. Ce passage aura été pour moi : une découverte de l’AB qui était à ses débuts et un apprentissage de l’AC car le Professeur BOUCHER  était à l’origine de la « fouilleuse » (l’ancêtre de « l’Actisol »). Il nous avait rendu très attentifs quand à la fragilité qu’est le sol en tant « qu’organisme vivant ».  Cette sensibilisation à la vie du sol restera toujours gravée dans ma mémoire de jeune agriculteur et c’est la raison pour laquelle j’ai développé des compétences et expériences dans ce domaine » précise Michel ROESCH.

sol-vivant-conservation des sol Michel ROESCH

En 1995, le Domaine  du Breitemerhof abandonne la production d’endives et parallèlement à son activité d’exploitant,  Michel ROESCH  intégre un grand groupe semencier, au sein duquel il a exercé différentes fonctions d’expert et de conseil en connaissance du comportement variétale pour les cultures de maïs, tournesol et colza dans des situations les plus diverses. Il a été en contact avec de nombreux agriculteurs européens. La mise en place de parcelles expérimentales chez des agriculteurs en « TCS » ou en « SD » lui a permis d’acquérir une solide expérience dans le domaine de l’AC.

En 2010 après 15 ans d’activité en tant que salarié, il décide de quitter ses fonctions et de se consacrer à sa passion « l’Agronomie ».  Le Domaine devient progressivement  un laboratoire expérimental dont l’objectif est simple mais complexe : pratiquer une agriculture qui respecte le sol comme une entité vivante par la pratique de l’Agriculture de Conservation tout en n’utilisant pas de produits chimiques de synthèses selon le cahier de charge de l’Agriculture Biologique. Un défi qui est entrain de se réaliser et de se mettre tout doucement en place au fur et à mesure que ses sols retrouvent leur vitalité.

« Toutes ces expériences ainsi que mes connaissances acquises au fil du temps me permettent aujourd’hui, d’accompagner et de former les agriculteurs qui souhaitent franchir « le pas » et passer à l’Agriculture de Conservation des Sols, qu’ils soient en agriculture biologique ou en conventionnel » explique Michel ROESCH.

 

Le Domaine du Breitemerhof

La ferme familiale est située en Alsace centrale sur la commune de Mussig. La région dénommée ‘RIED » a été constituée par la vallée Rhénane, en lisière de la forêt de l’Ill zone de crue naturelle de cette rivière. Les sols sont caractérisés par leur couleur grisse à noire et leur forte teneur en calcaire (PH 8). L’hétérogénéité est une autre caractéristique de la région. On passe en quelques mètres d’une veine d’argile au gravier qui affleure à la surface du sol. La présence de la nappe phréatique à moins de deux mètres permet l’irrigation des cultures.

A cette partie « terre de ried »,  le berceau du Domaine,  s’est rajoutée une partie située sur le ban de la commune de Kintzheim, constitués d’alluvions vosgiens de type « gréseux ». La formation géologique complètement différente de ces sols leur confèrent un comportement très différent. Ce sont des sols sablo-limoneux battant avec une structure très fragile, ils sont dépourvus de calcaire, mais avec un PH proche de la neutralité. « C’est la dégradation du comportement de ces sols, qui m’a orienté vers l’Agriculture de Conservation » explique Michel ROESCH.

L’historique des cultures du Domaine

L’exploitation de polyculture et d’élevage laitier a évolué en 1984 vers une production légumière spécialisée dans la culture et le forçage d’endive (chicorée witloof). Cette production a été arrêtée 10 ans plus tard pour céder la place à la culture exclusive du maïs grain irrigué. La dégradation de la structure des sols sablo-limoneux après 20 ans de monoculture a été le facteur  déclenchant d’un retour à une rotation des cultures simultanément avec la mise en place des techniques de l’agriculture de conservation en 2003. La charrue a été abandonnée progressivement sur l’ensemble des sols de l’exploitation. A partir de 2010 une partie des terres a été progressivement reconvertie aux techniques de l’Agriculture Biologique [AB] conjuguée avec celles de l’Agriculture de Conservation [AC]. Au fur et mesure de la maîtrise des défis techniques qu’engendre ce choix de conjuguer l’AB et l’AC : l’ensemble de l’exploitation est passé en AB.